Ce qu'il y a sous l'âme

Calme est l'étendue de l'âme.
Nulle gouttelette, nulle vaguelette ne vient troubler son eau.
Comme une mer sans limite et sans relief, ou plutôt comme une immense flaque, car elle n'est point limpide mais opaque.
Opaque de nuages, de tonnerre et d'éclairs, de tourbillons enflammés et de maelströms d'énergie.

Tant d'agitation pourtant reste indécelable, et l'eau reste une calme flaque et non un océan en furie.
Une immensité calme, angoissante, sous un ciel de brume, sans excès de lumière.
Nul soleil ne brille au dessus de l'âme, seul le chatoiement du monde extérieur à sa surface l'éclaire.
L'angoisse que l'on ressent à sa vue est celle du marcheur des plus hauts sommets, qui en vient à errer seul dans un pays de nuages.

Mais déjà, cette vision s'estompe, et l'eau s'agite, mue par elle même, semble-t-il.
Une tempête se forme, s'étend et gagne en puissance, puis s'apaise, ou plutôt se concentre.
Un creux se forme dans l'étendue.
L'eau s'écarte mais ne disparait nullement.

L'âme laisse la place à une terre boueuse, celle du corps.

La boue s'efface, pleine de honte, et dévoile ... La sphère.

La sphère, non pas une sphère comme les autres, mais une bien particulière.
L'or qui parsème sa surface comme des ilots bénis d'intégrité sur une planète blessée.
Les reliefs aux éclats métalliques, de cuivre et de fer mêlés, sont autant de blessures, de boursouflures douloureuses.
Quelques collines de platine et de diamants sont autant d'accalmies, de douleurs apaisées.

Étrange réceptacle.
Intimidant.
Tableau de souffrance et de douceur hétérogènes.
Triste réceptacle pour ... pour quoi ?

Cœur de joyaux ou cœur de vide ?
Qui y a jamais pénétré mieux que moi ?
Qui peut juger, qui peut y voir quelque chose ?
Je ne peux plus à présent qu' y voir la normalité décrépie, l'image de moi usée par les gens et les autres, en constante remise en forme, en totale remise en question, tel les cœurs métalliques des astres, fiché d'échardes persistantes de couleurs diverses, seuls vestiges de ce qu'était le poète avant.

Viens me chercher, ô Muse, et ouvre moi le cœur ;
Prends le et garde le, ou prends le et offre le,
Tu es la meilleure juge pour ces choses,
Et la plus à même de décider qui méritera ce présent.

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